Laissez-vous embarquer par des histoires qui naviguent dans une réalité où des éléments  magiques deviennent tangibles. Les mythes, les croyances, les folklores ou les traditions oubliées instillent des ingrédients essentiels pour brouiller la réalité du monde et révéler tout ce qu’il recèle de merveilleux.

Le sort en est ainsi jeté sur des auteurs qui ont saupoudré de poussières magiques la réalité de leurs fictions.

L’enchantement prend toute sa dimension avec Gabriel Garcia Marquez et son œuvre majeure Cent ans de solitude. Cette fresque envoûte des générations de lecteurs à travers le monde depuis sa parution. Pour donner une profondeur magique à son récit, l’auteur distord le temps, élève les corps dans l’espace et réveille les morts.

Plus surprenant, moins attendu, Jean Giono est un auteur qui peut naviguer aussi dans ce cercle magique. Dans sa nouvelle Prélude de Pan, les ressorts de la magie sont sans équivoque : le mauvais présage de l’orage, la présence d’un étranger mi-homme, mi-chèvre, l’orgie dionysiaque comme punition divine. Dans son roman Que ma joie demeure, les moyens utilisés sont encore plus subtils. Les métaphores magnifient la nature : “Orion-fleur de carotte”, “Partout les bourgeons s’ouvraient [...] comme la lueur de plusieurs lunes”, “La foudre lui planta un arbre d’or dans les épaules”.


A la croisée de ces deux auteurs, se glisse Sylvie Germain avec Le livre des Nuits et Nuit d’Ambre. Dans cette saga familiale qui commence en 1870, l’auteur nous fait traverser cinq guerres sur un siècle d’histoire. En distillant des moments d’émerveillement emprunts de croyances et de symbolisme, elle rend supportable les horreurs que vont vivre son héros, Nuit d’Or Gueule de Loup et sa descendance gémellaire.

Du côté sombre de la magie, Antoine Volodine, quant à lui, ensorcelle ses romans de réalités post-apocalyptiques en donnant les pleins pouvoirs à l’esprit pour augmenter les possibilités de l’être. Ses personnages résistent aux radiations ou, même, vivent dans le feu. Dans son roman Frères sorcières, ce sont les esprits, les âmes qui prennent possession d’autres corps.

Souvent, les éléments du réalisme magique restent très diffus et à peine perceptibles, ils s'étiolent dans la réalité. A la différence de la Fantasy, c’est un genre qui ne donne pas sa place aux êtres imaginaires tels que les fées, les licornes ou autres loups garous. L’enchantement vient du réel existant, le doute des possibles crédibilise la magie. Nous ne sommes pas non plus dans le fantastique, qui laisse en suspens la résolution de ce qui est perçu.

Vous pourrez vous faire une idée plus précise de la différence entre ces courants littéraires en venant profiter de la présentation « fantastique » d’une sélection d’ouvrages de Fantasy le samedi 12 avril.

D’ici là, pour que chacun explore ces domaines en toute subjectivité (à chacun sa réalité, à chacun ses enchantements), vous trouverez ici la sélection présentée le samedi 8 février.