Il faut vivre désormais avec un Passe. Sanitaire, paraît-il. Pass ou Passe ? À l'américaine ou à la française ? Un ou une ?

S'il s'agissait encore d'une passe sanitaire, on pourrait éventuellement se référer à Belle de jour, le film de Luis Bunuel dans lequel Catherine Deneuve décide de satisfaire ses fantasmes en faisant, justement, des passes dans une maison close, ceci pour son bien, donc. On oublie parfois que l'histoire est tirée du roman homonyme de Joseph Kessel. Mais que ce soit le roman ou le film, ça m'étonnerait que ça "passe" aujourd'hui un sujet comme ça.

Il y a bien aussi quelques passes au football, comme dans Le ballon d'or, non pas adapté d'un roman mais novelisé (c'est français, ça ?) par Yves Pinguilly après la réalisation du film. C'est plus consensuel et moins troublant que Deneuve en prostituée. Ceci dit, allez savoir où peuvent se nicher les fantasmes... Si ça se trouve, des gars qui courent en short sur une pelouse, ça peut en perturber certain(e)s aussi.

Quoi qu'il en soit, le Passe actuel permet donc beaucoup de choses, mais pas de traverser les murs comme le faisait le fameux héros de Marcel Aymé. Serait-ce l'occasion de lire ou relire un auteur qui n'est plus vraiment à la mode mais toujours aussi décapant et de voir ou revoir l'adaptation cinématographique avec Bourvil, si vous la trouvez quelque part ?

Et si vous voulez vraiment être certain que Marcel Aymé était un auteur iconoclaste, lisez ou regardez Uranus (version Claude Berri). Ça devrait achever de vous convaincre.

Après le Passe-Muraille restons dans le fantastique avec un glissement vers la Fantasy. Par exemple avec des enfants qui découvrent le monde de Narnia en traversant une armoire. C'était bien avant Harry Potter.

Enfin, tout passe, tout lasse, tout casse. Mais on se demande bien quand tout ça finira. Une chose est sûre, c'est qu'on a rangé les vacances, comme dit Brigitte. Ah Brigitte, toute une époque, avant les bébés phoques et ses glissements frontalement nationaux. Impossible d'imaginer BB avec un Passe sanitaire pour aller à la plage et un masque pour chanter, ça aurait cassé le mythe.

Bonne rentrée quand même !